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Artisanat en Corrèze : Trait d'Union, le magazine de l'ARTISANAT en CORREZE

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5 questions à Gérard Bonnet, Président du Conseil général



Sans détour est une nouvelle rubrique sans langue de bois qui donne la parole à un homme ou une femme politique, un acteur majeur de la vie économique locale, régionale… Notre premier invité est Gérard Bonnet, le Président du Conseil général de la Corrèze. Il a accepté de répondre « sans détour » à 5 questions d’actualité.



Gérard Bonnet a accepté de répondre « sans détour » aux questions relatives à l’artisanat.
Gérard Bonnet a accepté de répondre « sans détour » aux questions relatives à l’artisanat.
Quel regard portez-vous sur l’économie corrézienne en 2013, et l’artisanat en particulier ?
En tant que première entreprise du département, l’artisanat est un acteur essentiel de notre tissu économique. Avec 6200 entreprises début 2013, la Corrèze a une très forte tradition artisanale et les artisans sont présents dans quasiment toutes les communes. En Corrèze, l’artisanat est aussi le premier employeur du département. Avec 12 000 actifs, il emploie un quart des salariés du secteur marchand.
La crise économique commencée en 2008 a touché l’économie corrézienne à retardement. Jusqu’en 2012, l’artisanat n’avait pas connu de problème particulier. Puis, le nombre de permis de construire a chuté dans la plupart des communes, créant ainsi un déficit de construction. Toutefois, selon la Chambre économique, les effets de la crise semblent s’atténuer. On perçoit aujourd’hui une reprise des commandes et nous allons vers une situation plus favorable.
 
En 2014, le Conseil général va t-il continuer, ou accentuer, ses efforts en matière d’accompagnement des entreprises artisanales et des structures d’accompagnement ?
Pour 2014, nous avons prévu de maintenir les aides qui existent, à la fois pour les entreprises artisanales et les structures d’accompagnement. Nous n’avons pas prévu de les diminuer compte tenu de leur impact sur la création d’emploi.
Dès 2008,  avec l’arrivée de François Hollande à la tête du Département, le Conseil général a souhaité renforcer les aides aux entreprises artisanales. Des aides d’autant plus nécessaires que le secteur est créateur d’emploi.  En fait, elles ont pratiquement doublé. Si chacun des 6200 artisans crée un emploi, cela représente un potentiel considérable pour le département.
En 5 ans, près de 900 entreprises artisanales* ont été aidées par le Conseil général, principalement pour la création et la reprise d’entreprise. Actuellement, l’aide de base est de 4000 € et peut être portée à 10 000 € si des emplois salariés sont créés. Celle-ci peut être accompagnée de l’aide de la Région pour des investissements et l’amélioration de l’immobilier.
D’autre part, beaucoup de jeunes entrepreneurs qui s’installent ont des difficultés pour accéder au crédit bancaire. Nous avons signé à ce titre une convention avec la Chambre de métiers et les sociétés de cautionnement bancaire Socama et Siagi qui nous permet de prendre en charge jusqu’à la moitié du coût du cautionnement. Actuellement, nous avons aidé une soixantaine d’entreprises à hauteur de 10 000 €.
Je voudrais rajouter que nous aidons également l’apprentissage pour lequel les crédits seront également maintenus. La formation en alternance me semble un excellent moyen de formation et qualification des jeunes, une excellente solution pour trouver un l’emploi.
 
La région Limousin prépare actuellement le repositionnement de sa politique économique territorialisée (DCT, politique d’accueil…). Qu’en pensez-vous ?
Je pense que les Démarches collectives territorialisées (DCT) ont eu un effet très positif sur l’économie. Elles étaient constituées de crédits de l’État et de la Région. Mais, les crédits d’Etat sont sur le point de diminuer voire de s’éteindre. Au printemps, je suis intervenu lors d’une conférence des exécutifs à Limoges pour que la Région reconduise cette politique qui permet de soutenir les territoires ruraux. Je me souviens avoir reçu l’assentiment de mes collègues. Depuis, un groupe de travail a été créé pour mettre en œuvre cette politique et lui donner une forme nouvelle.
 
Quel est votre avis sur le projet de loi de finances qui impacte directement les collectivités, les organismes consulaires… ?
Le projet de loi touche directement les collectivités et, semble t-il, les organismes consulaires. La situation financière de l’Etat le conduit à demander aux collectivités de faire un effort. Avec moins de moyens, celles-ci  pourront moins investir et devront réduire leurs frais de fonctionnement.
De son côté, le Conseil général a hérité d’un endettement énorme et connaît des difficultés pour investir parce qu’il est dans une véritable nasse financière.  Avec des moyens réduits, en particulier en investissements, nous devons faire en sorte que nos aides aillent le plus possible aux petites entreprises créatrices d’emplois. 
 
Quel message souhaitez-vous adresser aux artisans corréziens ?
Les artisans sont des gens très compétents, à qui l’on peut faire confiance. Je souhaite leur adresser un message de courage et d’espoir. Je suis certain que l’économie va repartir, que la situation actuelle est provisoire et que 2014 verra la relance de l’activité. Et l’artisanat en bénéficiera.
D’autre part, j’ai noté quelques problèmes au niveau des auto-entreprises, un sujet qui fait débat. Certes, les auto-entreprises du bâtiment ont permis de créer de l’emploi, et à un certain nombre de gens de vivre. Mais, je vois des  personnes avec 2 à 3000 € de retraite par mois qui prennent du travail aux artisans qui eux paient toutes les charges. Alors, je pense qu’il faudrait instaurer certaines limites. Je l’ai d’ailleurs suggéré à François Hollande.
 
*De 141 entreprises aidées en 2006 (avec 600 000 €), on est passé à 198 en 2010 (1,340 million d’€) et à 161 en 2012 (1,25 million d’€), du fait de la crise et donc de la baisse du nombre de demandes.


Jeudi 17 Octobre 2013
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