Artisanat, Trait d'Union, le magazine de l'ARTISANAT en CORREZE
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Artisanat en Corrèze : Trait d'Union, le magazine de l'ARTISANAT en CORREZE

Chambre de Métiers

Bonne retraite M. Chambon !



Recruté en 1978 par le Président Marcel Pascaloux comme Moniteur de gestion, Jacques Chambon devient, en 1981, Assistant technique des métiers puis Responsable du service économique et Secrétaire général adjoint. En 1992, il est nommé Secrétaire général par le Président Jean-Marie Saute au départ de Mme Yvette Vergne. En 1994 et jusqu'à ce jour il est Secrétaire général, Directeur des services avec le Président Lavent. Regards rapides sur 33 années au service de l'artisanat.



Bonne retraite M. Chambon !
Vous êtes entré à la Chambre de Métiers en 1978. Vous avez dû connaître de profondes évolutions…
Effectivement, en 33 ans d'activité au service des entreprises artisanales, de très nombreuses évolutions ont profondément modifié le fonctionnement de la Chambre et des entreprises.
Certaines sont liées à l'évolution naturelle de notre environnement et de la société, je pense entre autres aux moyens d'information et de communication, d'autres, non moins importantes, nous ont été données par les Pouvoirs publics ou le législateur, tant en matière d'accompagnement des entreprises que de formation.


…Et les entreprises artisanales ?
En 1978, les profils des candidats à l'installation étaient assez homogènes : CAP, parfois Brevet de maîtrise, quelques années d'expérience puis installation. Avec ce parcours, il y avait une identité forte de l'artisan. Aujourd'hui, le nombre élevé de demandeurs d'emploi et la simplification à outrance de l'immatriculation conduisent un tout autre public à venir vers le secteur des métiers. Nous pouvons le déplorer ou nous en féliciter, c'est un fait.
En 1978, le conjoint, principalement féminin, était très souvent présent dans l'entreprise. C'était, pour nous, agents de la Chambre, majoritairement notre public avec tout ce que cela suppose de disponibilité. Aujourd'hui, le conjoint est le plus souvent salarié à l'extérieur et le chef d'entreprise moins disponible. Cela induit, pour nous, une autre façon de travailler et d'aller au contact des artisans.


Quelles sont vos satisfactions sur ces trois décennies ?
En premier lieu, incontestablement, c'est d'avoir participé, même modestement, à doter les entreprises d'outils de développement. Nous avons engagé très tôt un important programme, avec les Organisations professionnelles, de structuration des entreprises artisanales à travers la mise en place de coopératives, d'associations ou autres dans toutes les fonctions de l'entreprise, pour rompre leur isolement sans renier leur indépendance et améliorer les deux colonnes du compte d'exploitation.
Notre département est l'un des tous premiers de France pour le pourcentage d'artisans participant à des actions collectives et groupées quelles qu'en soient la forme ou l'objectif. Et nous avons encore des projets en cours pour aller plus loin.


En second lieu, parce qu'il faut toujours préparer l'avenir, nous sommes passés de 484 apprentis en 1992 à près de 750 à ce jour. C'est la preuve de l'intérêt porté à notre secteur et un formidable gage de continuité. Mais, au delà d'un simple bilan ou de réalisations, je veux souligner toutes ces années passées au service de chefs d'entreprises attachants et passionnés, qu'ils soient élus ou plus anonymes.

Vous avez sûrement des regrets, des déceptions ?
Le tout premier regret est de n'avoir pu, faute de moyens humains, être plus présent encore sur le terrain, dans les entreprises pour les accompagner et les conseiller, car c'est là notre première raison d'être.
La Chambre a des locaux à Tulle, Brive et Ussel mais notre véritable mission est au plus près de l'entreprise.

C'est ensuite, faute de temps et de moyens que nous ayons dû différer ou annuler certains projets. Il reste encore tant de choses à faire.

Enfin, ce n'est ni un regret ni une déception, mais une incompréhension. Je ne comprends pas la réforme actuellement engagée par nos Chambres qui risque, à terme, de déstabiliser et nos finances et notre action pour un gain final minime pour chaque entreprise.


S'il fallait retenir un temps fort !
J'en retiendrai deux qui, curieusement, sont pratiquement concomitants.

Le premier est le décès, en mai 1994, du Président en exercice, Jean-Marie Saute, qui faisait suite au décès de notre Trésorier, Georges Dumont : ce fut pour moi une période émotionnelle très forte qui met en lumière les relations que nous avons avec nos élus en général et le Président en particulier.

Le deuxième, quelques mois plus tard, en septembre, est notre déménagement du Quai de rigny vers nos nouveaux locaux. Nous avons vécu cela comme un changement d'époque, à défaut de siècle, et un pas de géant vers la modernité.

Il est vrai que ces trois décennies n'ont pas été avares de projets immobiliers : outre notre nouveau siège, l'acquisition d'un pas de porte sur Brive, la construction du restaurant pédagogique du CFA, la mise au norme des laboratoires alimentaires, la construction de bureaux à Ussel avec les 2 autres Chambres.
Avec le projet de réaménagement actuel du CFA et la refonte de l'internat, nous disposerons, tant pour la Chambre que le CFA, de structures d'accueil et de travail parfaitement adaptées et fonctionnelles.


Des projets ?
Multiples et d'abord faire ce que je n'ai pas eu le temps de faire en espérant toujours rester proche de la « famille » de l'artisanat.

Samedi 15 Octobre 2011
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