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Bouny père et fils : dépanneurs non stop !



A Jugeals-Nazareth, la famille Bouny tient un garage automobile depuis près de 30 ans. Au delà de leur activité de mécanique et de carrosserie, ils dépannent chaque jour, chaque nuit les usagers de la route et de l?autoroute A20. Une mission de service public non-stop devenue une raison de vivre.



Bouny père et fils : dépanneurs non stop !
Déroutant ! Le véhicule est maculé de sang. Le pare-brise transpercé. La lunette arrière souillée. La dépanneuse dépose lentement la Renault Clio au milieu des voitures accidentées. Hervé Bouny, 32 ans, quitte le volant de la dépanneuse et reprend rapidement son activité à l?atelier de mécanique familial. Roland, son père, file au bureau. Suivi des gendarmes, il conduit un jeune homme visiblement sous le choc. Ce dernier vient de percuter la malheureuse victime : un jeune chevreuil.

Depuis sa création en 1979, le garage Bouny est ancré à Jugeals-Nazareth, au c?ur du Causse corrézien. La mécanique et la carrosserie toutes marques constituent l?essentiel de l?activité. Elles sont assurées par une équipe joviale et soudée : le père, le fils, 2 apprentis et 4 salariés (dont 2 sur un site à Meyssac). La sérieuse réputation du garage n?est plus à faire et Hervé, le fils, marche pour cela dans les pas de son père. Il a dernièrement obtenu le diplôme de « technicien agent ». Un sésame pour officier sous l?enseigne de la marque nationale

Plus de 1000 dépannages par an

Avec humilité, Roland Bouny se décrit comme un « malade du travail ». Une maladie qui le pousse aujourd?hui encore, à l?âge de 54 ans, à rester disponible, 24/24H, pour dépanner toute l?année, chaque jour et chaque nuit, les échoués de la route. M. Bouny ne connaît pas les vacances. D?ailleurs, celles-ci ne sont pas de son goût. Avec plus de 1000 dépannages par an sur les routes et les autoroutes de son secteur, la famille Bouny sauve plus de 1000 familles de situations dangereuses.
A l?image de très nombreux artisans, dépanneurs ou ambulanciers, ils remplissent sans conteste, et selon leur seule initiative, une mission de service public. Avec, en récompense, la satisfaction d?aller au bout des choses : « dans 65 % des cas (hors accidents), nous faisons repartir le véhicule sur le lieu de l?intervention ou dans les 2 heures après son passage en atelier », confie le garagiste. Et, si la nuit pointe son nez, « le client est conduit, s?il le souhaite, en taxi vers un hôtel de la région ».

Un peu de psychologie sur l?autoroute

Situé à quelques pas seulement de l?autoroute A20, le garage Bouny doit être capable d?intervenir dans les 30 minutes qui suivent l?appel, de jour comme de nuit, sur les parties concédées ou non de l?autoroute. La partie concédée est gérée par les Autoroutes du Sud de la France (ASF). L?usager téléphone depuis une borne de secours, indique sa panne à un poste central des ASF qui contacte ensuite le dépanneur le plus proche. Pour ce qui concerne la partie non concédée, gérée par les services de l?Etat, c?est le poste de gendarmerie qui sollicite directement le dépanneur. « Quand on intervient sur l?autoroute, l?usager se trouve perturbé dans son déroulement », explique Roland Bouny. « Et nous devons parfois faire face à des comportements agressifs ». La responsabilité de la panne est parfois transférée sur le garagiste : « quand on enlève la voiture d?un individu, on lui enlève sa maison ». Alors, M. Bouny explique à ses équipes comment détendre l?atmosphère. « Il faut humaniser la situation », lâche t-il. « Cette approche psychologique est absolument nécessaire ». La dimension de service à la personne est essentielle. Et le risque de se faire accrocher très important. Ce qui n?empêche manifestement pas quelques clients dépannés de s?envoler sans payer.

Et du sang-froid sur les routes

L?assistance, second type de dépannage, concerne les pannes et les accidents légers. Elle est déclenchée soit par le réseau de la marque nationale, soit par l?assurance du conducteur, soit directement par l?individu concerné. A l?inverse, le dépannage sur appel d?urgence est déclenché par la gendarmerie et fait référence à l?enlèvement de véhicules sur les routes nationales et départementales. Des routes réputées très violentes qui, de temps en temps, exposent M. Bouny à des scènes tragiques, des scènes qui perturbent le sommeil.

La retraite, non merci !

Au delà de son activité première, l?insatiable M. Bouny est Président des dépanneurs au sein d?un syndicat de l?automobile. Il travaille actuellement à la mise en place d?une formation vidéo pour la sécurisation de tous les intervenants autoroutiers. Il recherche pour cela des partenaires financiers et techniques. Et pour la retraite, M. Bouny se voit bien dans un fauteuil. Oui, mais sur la route. Au volant d?un autobus à parcourir la grande Europe avec des gens heureux de voyager en sécurité.

Vendredi 20 Octobre 2006
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