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Bruno Bessot : artisan et arbitre du Top 14Artisan du bâtiment à Brive, Bruno Bessot est entré l'an passé dans le cercle très fermé des arbitres de rugby du Top 14. Evoluant au plus haut niveau, il a déjà arbitré quelques matchs internationaux. Dans une ambiance de coupe du monde, nous avons rencontré un homme de 42 ans, père de 3 filles, animé par son métier et la passion du rugby. Interview croisée pour 2 destins très parallèles.
>> L'arbitre : Je suis arbitre de rugby depuis plus de 20 ans. J'ai passé 3 saisons en ProD2, avant d'arbitrer, depuis l'an dernier, en première division, le Top 14. J'ai également eu l'occasion d'arbitrer quelques matchs internationaux.
>> L'arbitre : Là aussi, mon père m'a beaucoup influencé. En tant que joueur, il a vécu 2 finales de championnat de France avec le CAB avant de devenir… arbitre. Pour ma part, j'ai fait mes classes à Brive avant de jouer dans plusieurs clubs de la région. En 1995, après une blessure, je me suis tourné vers l'arbitrage sur les conseils de Daniel Pascal, artisan serrurier à Brive. Avec l'arbitrage en Top 14, c'est un rêve de gosse qui se réalise. Et cela dépasse tous mes espoirs.
>> L'arbitre : Dans le rugby, je n'ai pas de clients. Il y a les entraîneurs et les présidents de clubs, c'est tout. Le public, je ne l'entends même pas. Même s'il peut se faire plus pressant, comme à Toulon, dans le mythique stade Mayol.
>> L'arbitre : C'est l'environnement du sport de haut-niveau en général. Et puis mon premier match en Top 14 : Stade-Français-Bourgoin. Mon meilleur souvenir. Le jeu était très fluide et j'ai réussi à passer presque inaperçu.
>> L'arbitre : La blessure. J'ai eu très peur l'an passé quand Lionel Nallet et Pascal Papé me sont tombés dessus en même temps ! Et puis, on n'est pas à l'abri d'une mauvaise décision… Toutefois, les « à mort l'arbitre » ne m'effraient pas vraiment.
>> L'arbitre : Non plus car l'arbitre est toujours accompagné de deux juges de touches qu'il choisit parmi ses connaissances. Pour ma part, je travaille avec des amis, question de confort.
>> L'arbitre : Ce sont mes pairs, mes supérieurs. Je pense aux arbitres professionnels. A Christophe Berdos. Et bien sûr à Joël Jutge, l'un des meilleurs arbitres au monde. J'essaie de m'en inspirer mais aussi d'écouter les « anciens ».
>> L'arbitre : Idem avec l'envie de permettre à chacun de donner le meilleur de lui-même.
>> L'arbitre : Les 21 arbitres du Top 14 sont notés et classés chaque week-end. Une fois déclassé, on ne remonte pas. Cela oblige à se remettre en question en permanence. C'est très stimulant. Il y a aussi la pression des médias. Et quand on a une mauvaise critique dans « le jaune » du lundi (ndlr : Midi Olympique), c'est parfois difficile.
>> L'arbitre : Oui, je participe à la formation d'arbitres stagiaires au niveau territorial et fédéral sur le secteur de Brive.
>> L'arbitre : Du point de vue physique, je m'entraîne 2 fois par semaine : footing, vélo et récupération d'après match. Côté technique, je fais toujours un travail vidéo et je commente ma prestation avec le superviseur par téléphone chaque mercredi.
>> L'arbitre : L'évolution majeure passe par l'utilisation des nouvelles technologies et de la vidéo en particulier. L'arbitrage vidéo entre d'ailleurs en vigueur dès la rentrée 2007 en championnat.
>> L'arbitre : Pour le club, je reste fidèle au CAB, mon club de coeur. Mais, je refuserai toujours de l'arbitrer. Question de partialité.
>> L'arbitre : La coupe du monde, c'est un engouement incroyable. Mais si la France n'est pas en finale, j'espère que l'arbitre sera français ! Lundi 8 Octobre 2007
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