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Bruno Bessot : artisan et arbitre du Top 14



Artisan du bâtiment à Brive, Bruno Bessot est entré l'an passé dans le cercle très fermé des arbitres de rugby du Top 14. Evoluant au plus haut niveau, il a déjà arbitré quelques matchs internationaux. Dans une ambiance de coupe du monde, nous avons rencontré un homme de 42 ans, père de 3 filles, animé par son métier et la passion du rugby. Interview croisée pour 2 destins très parallèles.



Bruno Bessot : artisan et arbitre du Top 14
  • Bruno Bessot, quelles sont vos activités ?
>> L'artisan : Je dirige une entreprise familiale de travaux publics et de transport. Nous réalisons des opérations d'aménagements extérieurs (murs, dallages, cours d'écoles…). Nous avons également une activité de transports et nous louons des camions avec chauffeurs.
>> L'arbitre : Je suis arbitre de rugby depuis plus de 20 ans. J'ai passé 3 saisons en ProD2, avant d'arbitrer, depuis l'an dernier, en première division, le Top 14. J'ai également eu l'occasion d'arbitrer quelques matchs internationaux.

  • Quel est votre parcours ?
>> L'artisan : Mes parents ont fondé l'entreprise en 1966 et je baigne dans ce milieu depuis mon plus jeune âge. Salarié depuis 1989, j'ai pris la suite en 1995 et je travaille avec mon épouse Patricia. Nous sommes très attachés au secteur artisanal et nous employons aujourd'hui 8 autres personnes.
>> L'arbitre : Là aussi, mon père m'a beaucoup influencé. En tant que joueur, il a vécu 2 finales de championnat de France avec le CAB avant de devenir… arbitre. Pour ma part, j'ai fait mes classes à Brive
avant de jouer dans plusieurs clubs de la région. En 1995, après une blessure, je me suis tourné vers l'arbitrage sur les conseils de Daniel Pascal, artisan serrurier à Brive. Avec l'arbitrage en Top 14, c'est un rêve de gosse qui se réalise. Et cela dépasse tous mes espoirs.

  • Qui sont vos clients ?
>> L'artisan : Les collectivités. Et, depuis la TVA à 5,5%, de plus en plus de particuliers.
>> L'arbitre : Dans le rugby, je n'ai pas de clients. Il y a les entraîneurs et les présidents de clubs, c'est tout. Le public, je ne l'entends même pas. Même s'il peut se faire plus pressant, comme à Toulon, dans le mythique stade Mayol.

  • Quelle est votre plus grande satisfaction ?
>> L'artisan : Le niveau relationnel, le travail bien fait et le fait d'apporter du bien-être.
>> L'arbitre : C'est l'environnement du sport de haut-niveau en général. Et puis mon premier match en Top 14 : Stade-Français-Bourgoin. Mon meilleur souvenir. Le jeu était très fluide et j'ai réussi à passer presque inaperçu.

  • Quelle est votre plus grande crainte ?
>> L'artisan : Avoir de mauvais résultats, manquer de travail et que le téléphone ne sonne plus, comme tout chef d'entreprise.
>> L'arbitre : La blessure. J'ai eu très peur l'an passé quand Lionel Nallet et Pascal Papé me sont tombés dessus en même temps ! Et puis, on n'est pas à l'abri d'une mauvaise décision… Toutefois, les « à mort l'arbitre » ne m'effraient pas vraiment.

  • Etes-vous solitaire ?
>> L'artisan : Non, pas du tout. Nous prenons les décisions collégialement.
>> L'arbitre : Non plus car l'arbitre est toujours accompagné de deux juges de touches qu'il choisit parmi ses connaissances. Pour ma part, je travaille avec des amis, question de confort.

  • Quelle sont vos références ?
>> L'artisan : Je n'ai pas de référence particulière.
>> L'arbitre : Ce sont mes pairs, mes supérieurs. Je pense aux arbitres professionnels. A Christophe Berdos. Et bien sûr à Joël Jutge, l'un des meilleurs arbitres au monde. J'essaie de m'en inspirer mais aussi d'écouter les « anciens ».

  • Quelles sont les valeurs qui vous animent ?
>> L'artisan : L'honnêteté et la sincérité.
>> L'arbitre : Idem avec l'envie de permettre à chacun de donner le meilleur de lui-même.

  • Craignez-vous la concurrence ?
>> L'artisan : Un peu, mais je crois que c'est normal, c'est la règle du jeu.
>> L'arbitre : Les 21 arbitres du Top 14 sont notés et classés chaque week-end. Une fois déclassé, on ne remonte pas. Cela oblige à se remettre en question en permanence. C'est très stimulant. Il y a aussi la pression des médias. Et quand on a une mauvaise critique dans « le jaune » du lundi (ndlr : Midi Olympique), c'est parfois difficile.

  • Investissez-vous dans la formation ?
>> L'artisan : Oui. Actuellement, nous avons 2 jeunes dans l'entreprise.
>> L'arbitre : Oui, je participe à la formation d'arbitres stagiaires au niveau territorial et fédéral sur le secteur de Brive.

  • Quelle est votre méthode de travail ?
>> L'artisan : Je dirige 3 chefs de chantiers autonomes et 5 ouvriers. Je vérifie l'avancement des travaux et assure le relationnel. Ma femme Patricia s'occupe quant à elle de l'administratif et de nos 3 filles. Sans elle, rien de tout cela ne serait possible. Je lui dois beaucoup.
>> L'arbitre : Du point de vue physique, je m'entraîne 2 fois par semaine : footing, vélo et récupération d'après match. Côté technique, je fais toujours un travail vidéo et je commente ma prestation avec le superviseur par téléphone chaque mercredi.

  • Comment évoluent vos activités ?
>> L'artisan : Nos activités sont de plus en plus mécanisées…
>> L'arbitre : L'évolution majeure passe par l'utilisation des nouvelles technologies et de la vidéo en particulier. L'arbitrage vidéo entre d'ailleurs en vigueur dès la rentrée 2007 en championnat.

  • Quels sont vos clubs et joueurs préférés ?
>> L'artisan : Pour les joueurs : David Skrela pour son fair-play avec les arbitres. Sans oublier Benjamin Boyer et Raphael Ibanez…
>> L'arbitre : Pour le club, je reste fidèle au CAB, mon club de coeur. Mais, je refuserai toujours de l'arbitrer. Question de partialité.

  • Que pensez-vous de la coupe du monde ?
>> L'artisan : Au lendemain du match opposant la France à l'Argentine, c'était la grande désillusion. Je pense que les Blacks ou les Springboks finiront par gagner la Coupe.
>> L'arbitre : La coupe du monde, c'est un engouement incroyable. Mais si la France n'est pas en finale, j'espère que l'arbitre sera français !


Lundi 8 Octobre 2007
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