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Artisanat en Corrèze : Trait d'Union, le magazine de l'ARTISANAT en CORREZE

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Christophe Charles : le graphisme, ce n’est pas de la pub !



''Il n’y a pas d’affiche, de logo, de brochure ou de journal… sans graphiste. Le graphiste est un créateur à part entière… et son travail, bien qu’unique, est fait pour être multiplié''. Pour éviter de se répéter peut-être, pour expliquer son travail certainement, Christophe Charles a écrit ces quelques mots dans la plaquette de son entreprise. A Brive, dans son studio de création, nous avons rencontré un artisan graphiste un peu discret et très talentueux.



Christophe Charles
Christophe Charles
Artisan ? "J’aime bien ce mot", explique Christophe Charles. "Pour moi, le graphiste est à la fois un artisan et un artiste. A partir de peu de choses, avec l’aide du client, comme le ferait un menuisier par exemple, il fabrique un produit".

Pendant 12 longues années, c’est dans une imprimerie, la meilleure des écoles selon lui, qu’il apprend la chaîne graphique dans sa totalité : depuis la conception - saisie du texte, mise en pages, traitement des photos - jusqu'au travail de pré-presse - flashage, montage, imposition et fabrication. Mais, le volet création manque terriblement à Christophe Charles : "je n’avais pas de contact direct avec le client, nous répondions à des commandes précises". Il faut dire que, formé pendant 4 ans aux Arts décoratifs à Limoges, Christophe Charles a besoin d'exprimer sa sensibilité artistique. Alors, en 1994, après un passage de 3 ans en agence de communication, il décide de s’installer à Brive comme graphiste, dans son garage personnel.

Etre graphiste, c’est quoi ?

A partir d’un texte, d’une image, d’un dessin, le graphiste met en forme un document sur son ordinateur et réalise notamment des plaquettes, des prospectus ou des insertions presse. La P.A.O. (Publication Assistée par Ordinateur), engendrée par l’avènement des Macintoshs Apple dans les années 80, a complètement bouleversé les habitudes de travail de la chaîne graphique. Les phases de fabrication se sont regroupées autour d’une même et seule personne : le graphiste. Aussi, Christophe Charles travaille fréquemment sur des logos d’entreprises, des affiches 4 x 3m, des abribus, des affiches de magasins… ou encore des panneaux pour des salons, des flyers (prospectus, dépliants), des plaquettes de CD ou des habillages de car… Bref, absolument tout ce qui s’imprime.

Alors, c’est de la pub ?

Dans toute agence de pub, il y a un graphiste. Toutefois, si les métiers de la publicité, de la communication et du graphisme sont des métiers de l’image, donc étroitement liés voire indissociables, ils n’en sont pas moins distincts. Et là, Christophe Charles insiste : "ce n’est pas mon boulot de faire de l’évènementiel, des analyses marketing ou de bâtir des plans de communication. J'ai d’ailleurs choisi de rester dans un domaine que je maîtrise". A la différence de nombreux concurrents lancés dans le nouveau métier de webmaster lors de la déferlante internet. Question de choix.

Comment ça marche ?

Pour réaliser une plaquette d’entreprise par exemple, pour s’imprégner de l’atmosphère, des couleurs, Christophe Charles aime visiter le site de production. A partir des objectifs de communication, il propose un B.A.T. (Bon A Tirer) au client qui sera "soit validé, soit peaufiné". Les clients, qui sont des artisans, des industriels mais aussi et surtout des institutions, des mairies et des collectivités territoriales, demandent "un produit fini, c’est à dire imprimé" dans 70 % des cas.

Fou d’info ?

Son ordinateur, dont on pourrait penser qu’il est son plus fidèle compagnon, n’est qu’un outil dont il aimerait parfois se passer : "j’ai souvent envie de mettre les doigts dans la machine, de toucher mon travail". Difficile donc pour Christophe Charles, amoureux des matières, des matériaux, des textures et des couleurs, de ne travailler qu’avec souris et clavier. Comme tous les infographistes, il utilise les célèbres logiciels QuarkXpress pour la mise en pages, Photoshop pour les retouches photos et Illustrator pour le dessin au trait vectoriel.

Un métier qui suit la mode

Alors, outre l’imagination, la créativité, la maîtrise de la chaîne graphique et un grand sens de l’écoute, la qualité première d’un graphiste reste la curiosité : "il faut savoir s’inspirer de tout, faire des documents qui captent le regard et qui interpellent, avec humour parfois. Aujourd’hui, les jeunes viennent beaucoup de l’informatique, adorent les effets. Moi je préfère des choses assez simples, je m’attache au rendu". L’essentiel du travail, très lié à la mode et aux tendances se fait par mél, par fax, par téléphone. Tout va très vite. De plus en plus vite. Mais pas de quoi perturber Arthur, le fidèle chien-mascotte, devenu logo de l’entreprise.

Mercredi 2 Novembre 2005
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