Artisanat, Trait d'Union, le magazine de l'ARTISANAT en CORREZE
Trait d'Union, Trait d'Union,
Artisanat en Corrèze : Trait d'Union, le magazine de l'ARTISANAT en CORREZE

Zoom

Daniel Moro, un rêve de joaillier



Tourneur-fraiseur de formation, directeur d'hypermarché de profession, Daniel Moro est devenu en 7 ans un bijoutier joaillier respecté. A Brive, il exerce ses talents dans la boutique-atelier de la rue Majour. Rencontre avec un artisan passé de la fraise aux bijoux, en plein rêve de gosse !



Daniel Moro, un rêve de joaillier
La vie de Daniel Moro est tout sauf un long fleuve tranquille. Qui aurait pu penser que ce tourneur fraiseur de formation, devenu directeur de grande surface au prix de 25 années de travail acharné, oserait, à 40 ans, tout plaquer pour se lancer à corps perdu dans sa passion de toujours, la joaillerie ? « La grande distribution use les gens et les pousse à d'autres envies », explique Daniel Moro. Coup du sort, la boutique de la rue Majour, située au coeur du centre-ville de Brive, est à vendre. Une occasion qui ne se représentera peut-être pas. Alors, Daniel Moro tente sa chance. Et part pendant 8 longs mois sur la route pour se former au travail du métal, de la restauration et de la réparation de bijoux. Le jeune quadra redevient apprenti dans 3 ateliers de fabrication du sud-est de la France. Il y côtoie tous les corps de métiers, de la fonderie au sertissage en passant par la taille des pierres…

Emportée par la passion de son mari

Daniel Moro, un rêve de joaillier
Emportée par la passion de son mari, Annick Moro se lance sans hésiter à ses côtés et fait le choix de se reconvertir totalement. Rompue aux techniques commerciales, elle apprend la vente si particulière des bijoux : « le client n'entre pas dans une bijouterie comme dans un autre magasin. Nous touchons à l'affectif, à des morceaux d'histoire personnelle. » L'ensemble de la profession fait corps et accepte alors de les aider : « nous avons trouvé auprès de notre groupement professionnel et du syndicat HBJO un niveau de conseil et de solidarité exemplaires. Notre projet a tout de suite été très bien perçu. Ce qui ne fut pas aussi simple avec les banques...

Créer un bijou à partir d'une pierre, d'un dessin

A partir d'un croquis ou de pierres précieuses, Daniel Moro propose plusieurs maquettes de bijoux. Avec une préférence avérée pour les bagues à gros volumes, la fabrication se fait souvent autour de la matière (la pierre), quand surgit l'inspiration. M. Moro sculpte alors une cire à la main. Adaptée au doigt de la cliente, cette base est envoyée au fondeur qui crée un moule et y injecte le métal en fusion (or blanc, or jaune ou platine). Une fois durcie, encore empreinte des jets de fonte, la bague est essayée par la cliente. Daniel Moro procède alors aux retouches nécessaires à coups de limes, de pinces, de chalumeau, de cabron (papier de verre) ou de brosses. La base et les pierres sont envoyées au sertissage dans une entreprise spécialisée. Il faut bien se dire que le sertissage est un métier tout à fait particulier qui offre des effets multiples : serti grain, massé, griffe, clos ou demi-lune... Daniel Moro procède ensuite au polissage de la bague avant de l'envoyer au contrôle d'Etat (basé à Saumur) pour y faire apposer le poinçon correspondant (une tête d'aigle pour de l'or 18 carats, une tête de chien pour du platine...) avant d'y ajouter son poinçon de maître, un sanglier. Les clients achètent une création exclusive, unique et les essayages qui rythment les 4 à 5 semaines nécessaires à la création permettent de ne pas se tromper, d'être en phase avec leurs envies. Et puis le moment où l'on ouvre la boite finit par arriver. Alors, « je me concentre sur le visage de la cliente. Je veux précisément connaître sa réaction. » s'exclame Daniel Moro. C'est un moment de connivance très chargé en émotions.

Daniel Moro n'en finit pas de rêver

Parallèlement à la joaillerie, la boutique propose en vitrine des bijoux sélectionnées par Daniel Moro pour la qualité de leurs pierres et le sérieux de leur fabrication. Des exigences qui lui permettent de ne pas se retrouver en concurrence directe avec les grandes surfaces… Aujourd'hui, le talent de Daniel Moro est reconnu de tous, y compris de ses pairs joailliers du centre-ville avec lesquels il entre-tient d'excellentes relations. Particulièrement intéressé par les défis, il réalise dernièrement un pendantif-boule recouvert de 248 diamants, exerçant là une véritable prouesse technique. Mais, au fond de lui, Daniel Moro entretient déjà de nouvelles ambitions : il aimerait former un jeune apprenti à son métier. Plus secrètement, il rêve déjà de transmettre sa passion et son savoir-faire à Jules, son tout jeune petit fils.

Mardi 3 Juillet 2007
Lu 8851 fois