Artisanat, Trait d'Union, le magazine de l'ARTISANAT en CORREZE
Trait d'Union, Trait d'Union,
Artisanat en Corrèze : Trait d'Union, le magazine de l'ARTISANAT en CORREZE

Zoom

Didier Bruchon artisan de l'intemporel

>> Un métier, un artisan



Installé dans le quartier du Trech à Tulle depuis 1993, Didier Bruchon est ce que l’on pourrait appeler un autodidacte opiniâtre. Depuis les années 1970, où il confectionne son premier sac en cuir avec quelques amis, jusqu’à 1990 où il pose ses valises à Treignac en Corrèze, il est devenu, au prix d’un très long apprentissage en solo, un professionnel reconnu de la maroquinerie. Cet ancien agent technique en électronique de la région parisienne a usé pendant dix années ses bottes dans toutes les foires, salons et expositions d'artisanat d'art avant de travailler pour la maison de couture Hermès. Aujourd’hui, il réalise ou rénove avec aisance sacoches, fauteuils, holster de revolver ou sacs d’infirmière. Nous avons rencontré un personnage à fleur de peau, passionné pour son métier de maroquinier sellier.



Didier Bruchon artisan de l'intemporel
Si Emmaüs a été son premier fournisseur d’objets en cuir à restaurer, Didier Bruchon a tout de suite opté pour une qualité de travail irréprochable et ne fait que "du premier choix". C’est en démontant de vieilles sacoches, qu’il comprend les strates de cuir et les renforts, apprend à distinguer les matières premières et s’éprend du cuir de vachettes pleine fleur. Saviez-vous que le cuir issu du collet de la vache est légèrement strié, celui du flan bien plus régulier ?

Le square mouth, sac à ouverture rectangulaire, est très certainement celui qu’il préfère. Il le décline en forme de demi-lune ou grande demi-lune. "Après trois ou quatre ans, j’ai réalisé mes propres modèles". Sur une cinquantaine de créations, il n’en conservera que cinq, celles qui se vendent. Alors, pour se différencier, il commence à gainer les fermoirs des sacs avec du cuir et invente la teinte au tampon, une méthode qui donne un éclat si particulier au cuir et dont il garde très consciencieusement le secret.

Souvent copié mais jamais imité, Didier Bruchon assemble les pièces de cuir dans son atelier de Lagraulière, passe le fil dans la cire avant de coudre, dans la tradition de la sellerie, au fil de lin et en double point. Il nous rappelle volontiers que les selliers ont toujours créé des bagages adaptés à leur époque : fardés d’un dessus arrondi pour que l’eau s’écoule facilement, ils étaient autrefois transportés sur le toit de voitures à cheval. L’avènement des véhicules motorisés, aux espaces de rangements rectangulaires, les ont transformés par commodité de superposition. Le cuir qu’il utilise est invariablement un cuir européen marron tanné en Turquie, une couleur "passe-partout, de toutes les saisons". La griffe, l’alêne (poinçon), la pince de sellier et l’abat carres (pour arrondir) sont ses les outils qu’il manipule en permanence. Ici, pas de machines à commande numérique ni de découpe assistée par ordinateur.

Aujourd’hui, ses clients sont des gens plutôt aisés. Ils viennent de toutes régions, parfois de l’étranger, pour demander conseil ou passer une commande sur mesure. Il faut dire que Didier Bruchon peut créer le sac de vos envies. "Les achats de mes clients sont des achats réfléchis. Certains économisent pendant des mois pour s'offrir le sac dont ils rêvent". Pour un modèle existant, vous devrez débourser entre 300 et 1.000 euros. Oui, mais Didier Bruchon "fabrique de l’intemporel" : "chez moi les choses s’embellissent et se patinent avec le temps". Sa production annuelle, une cinquantaine de sacs, est très réduite : "elle ne représente que 30 % de mon chiffre d’affaires". Le "petit service" qui lui permet de vivre, est bien souvent "la première entrée vers un produit haut de gamme".

Ses initiales ornent depuis longtemps déjà les sacs et autres créations qui en font une référence dans le domaine de la maroquinerie. Aussi, de nombreux jeunes issus d’écoles de maroquinerie viennent chaque année se proposer comme élèves stagiaires. Avec un site internet en projet, même si il ne souhaite pas trouver "trop de clients", Didier Bruchon mène la vie qu’il a choisie, c’est son choix et c’est un luxe.



Trouvez un prétexte !

Le lancement d’un nouveau produit ou d’un nouveau service est le prétexte idéal pour se présenter à un nouveau client. Optez pour la différenciation et misez sur vos points forts (qualité, rapidité, notoriété…). Un petit service ajouté peu coûteux suffit parfois à attirer des clients nouveaux.














Jeudi 1 Juillet 2004
Lu 4808 fois



Nouveau commentaire :

Votre message sera validé par notre modérateur avant publication. Merci de votre commmentaire.