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Artisanat en Corrèze : Trait d'Union, le magazine de l'ARTISANAT en CORREZE

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Didier Graille, artisan menuisier charpentier à Corrèze



Didier Graille dirige à Corrèze une entreprise de menuiserie charpente depuis plus de vingt ans. Nous l’avons rencontré dans son univers où se mêlent ronronnement des machines, odeur du bois qui chauffe, savoir-faire et passion.



Didier Graille,  artisan menuisier  charpentier à Corrèze
"J'aime partir de la matière brute pour arriver à un produit fini. Et quelle satisfaction de voir mes clients contents !" Voilà une affirmation qui souligne bien le goût de Didier Graille, menuisier charpentier, pour le travail bien fait.
Fils et petit-fils d'artisans, il évolue depuis son plus jeune âge dans les copeaux de bois. La menuiserie c'est une histoire familiale : "J'ai toujours baigné dans le métier. L'atelier était sous la maison." A cette époque, les journées sont longues, le travail est difficile et son père souhaite qu'il choisisse une autre voie. Didier Graille s'inscrit donc dans une filière agricole mais il se réoriente vers l'apprentissage avec "l’envie de poursuivre l'aventure."

A 18 ans, il passe un CAP menuisier en alternance entre le CFA les 13 Vents de Tulle et l'entreprise de son père auprès duquel il travaille plusieurs mois. En 1985, ce dernier tombe malade et décide de fermer l'entreprise.
"J'ai eu envie d'indépendance, envie de monter ma propre affaire mais il me manquait encore un peu d'expérience." Pendant 3 ans, Didier Graille va poursuivre sa formation au sein d'entreprises régionales. Il suit un stage en charpente proposé par l'AFPA Limoges. "Mon tuteur était un compagnon charpentier, un homme pointu, professionnel qui m'a transmis des valeurs et des règles." En février 1988, il revient à Corrèze, dans l'atelier familial, et s'installe à son compte à l'âge de 26 ans.

Le traditionnel comme marque de fabrique...

Didier Graille,  artisan menuisier  charpentier à Corrèze
Il travaille seul pendant deux ans et le démarrage est difficile : solitude, rythme des journées, manque d'expérience en gestion… Mais Didier Graille ne se décourage pas. Il investit dans de nouvelles machines (toupies à commandes numériques, scies à format, ponceuses…), s'entoure d'un comptable et peu à peu les commandes se multiplient. "Je dois cette évolution au bouche à oreilles, au travail bien fait et à la notoriété familiale."
Rapidement, à l’image de Christian, il recrute de très bons ouvriers. "Une belle relation s'est créée entre nous. 17 ans après son arrivée, il est toujours dans l'entreprise !" confie-t-il.

Avec trois salariés, l'entreprise s'est spécialisée dans la rénovation et le sur-mesure (portes d'entrées, fenêtres, cuisines...) et propose également des travaux en charpente ou en ossature bois pour les allongements de maison. Son signe distinctif ? Le traditionnel. La fabrication occupe une grande partie de son activité : "Nous sommes des dinosaures car de moins en moins d'entreprises fabriquent elles-mêmes leurs produits… C'est un réel savoir-faire qu'il faut conserver."

Un engagement permanent...

Depuis qu'il s'est mis à son compte, Didier Graille a choisi d'être prévoyant et a adhéré à plusieurs organismes. D'abord un groupement d'intérêt économique. Puis, à la fermeture de ce dernier, il a rejoint la Socobac, une société coopérative proposant aux particuliers un montage de maison clef en mains en s'appuyant sur les compétences de 200 artisans.
En parallèle, déçu par ses fournisseurs et leurs logiques financières, il s'associe à d'autres menuisiers charpentiers corréziens. Ensemble, ils créent la coopérative d'achats "Cap bois et toit" située à Varetz. Cette coopérative embauche 10 salariés qui négocient les matières premières et produits finis et assurent une livraison de qualité aux 65 artisans adhérents. "Cette initiative nous a permis de créer des emplois mais également d'améliorer nos relations. Nous sommes certes concurrents mais nous vivons les mêmes problématiques au quotidien et il est important de s'entraider".
Didier Graille adhére également à la Capeb pour "suivre des formations et obtenir des renseignements sur la convention collective, le droit du travail."

Et la passion du métier

A 50 ans, quand il raconte ses journées de travail, c’est la passion qui prend la parole : "Je cours partout, mes journées sont rythmées par les réunions de chantier, l'approvisionnement, la maintenance des machines… Mais quel plaisir !"
L'avenir pour lui c'est former, transmettre son envie et son expérience aux jeunes. Pour rester compétitif et obtenir de nouveaux marchés, il souhaite former son équipe sur les économies d'énergie. Cette logique de développement durable, il l'utilise déjà dans son travail quotidien car tous les copeaux de bois sont recyclés en briquettes pour chauffer l'atelier !

Et dans 15 ans ? Didier Graille espère que les ouvriers prennent la main et que l'histoire dure le plus longtemps possible. Quant à lui, il se voit bien jouer dans un quintet, une trompette à la main, une autre de ses passions !
Didier Graille,  artisan menuisier  charpentier à Corrèze

Mardi 17 Janvier 2012
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