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Artisanat en Corrèze : Trait d'Union, le magazine de l'ARTISANAT en CORREZE

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EMC2 = menuiserie + charpente + couverture



Échoppe de sabotier, scierie, puis menuiserie à part entière, les ateliers du pont de la Pierre (Albussac) se sont bâtis une solide réputation à travers 3 générations. En 2001, Paul Bachellerie transmet son patrimoine professionnel à Michel Villier, cadre au chômage. Cinq ans plus tard, nous avons rencontré ce repreneur qui, pour pouvoir rebondir, a su se convertir.



EMC2 = menuiserie + charpente + couverture
Il faut dire que le cas de Michel Villier est plutôt atypique. A 50 ans, ex-cadre du tertiaire, chômeur de longue durée, il prend le pari de changer de cap et de devenir artisan du bâtiment.
"Après 50 ans, chacun sait combien il est difficile de trouver un nouveau travail. J’ai alors décidé de suivre la formation d’ébéniste, puis de charpentier et de couvreur". L’Union Compagnonnique de Limoges lui permet de passer les 3 CAP en 3 ans. Il décide alors de s’installer dans l’ébénisterie. En Corrèze, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat lui indique les entreprises à reprendre. "J’ai rencontré le spécialiste de la transmission reprise ARTER. A partir d’une liste d’offres régionales, j’ai sélectionné 3 entreprises en Creuse et 3 en Corrèze. Celle de M. Bachellerie me paraissait la plus intéressante, et elle était proche de chez moi". Avant de se lancer, le futur chef d’entreprise suit le programme d’accompagnement à la création reprise de la Chambre de Métiers : le CIFA, Contrat Installation Formation Artisanale. Pendant près de 3 mois, il parfait ainsi son projet de reprise en analysant notamment le marché et les axes de développement. Pendant plusieurs mois, Paul Bachellerie a continué à travailler bénévolement avec son successeur pour lui passer le
témoin.

"Le singulier, c’est notre terrain de jeu"

Pour ce qui concerne l’activité de charpente (35% de l’activité globale), la rénovation de structures anciennes constitue l’essentiel et domine la réalisation de charpentes neuves traditionnelles. "Nous ne construisons pas de charpentes pour les pavillons, ni ne travaillons avec les promoteurs", explique Michel Villier. "Notre terrain de jeu, c’est quand c’est un peu compliqué, singulier et tordu". D’accord, mais comment rénover une vieille charpente sans découvrir le toit ? "On incruste une charpente neuve dans la vielle charpente, puis on enlève l’ancienne. Cela nous permet d’aménager des combles dits non aménageables. Nos concurrents sont les entreprises spécialisées avec la charpente pour unique activité. Nous utilisons surtout du sapin de pays, du douglas et parfois des poutres Kerto de Suède pour les grandes longueurs".
Quant à la menuiserie, les 4 salariés, parmi lesquels 2 anciens artisans, fabriquent sur mesure et posent des escaliers, des cuisines, des portes et fenêtres et des planchers en chêne ou châtaigner. Le bois provient de Brive, de Tulle, d’Albussac ou du Puy de Dôme…


EMC2 = menuiserie + charpente + couverture
E=MC2 ?

Michel Villier a baptisé l’entreprise EMC2 comme Entreprise de Menuiserie, Charpente et Couverture. Un clin d’œil à la formule de calcul de l’énergie cinétique. Une énergie qu’il continue à déployer pour développer son outil de travail, avec un goût particulier pour la satisfaction client : "pour nous, faire plaisir à un client est quelque chose de très agréable". Et puis, le bâtiment c’est concret, c’est tout sauf éphémère".

Une cuisine ronde !

"On travaille avec des architectes, des particuliers, des maîtres d’œuvre et des coopératives comme la SOCOBAC". Pour trouver des marchés EMC2 répond à des appels d’offres. En ce moment, nous réalisons une porte monumentale pour l’église de Queyssac-les-Vignes. Nous avons également été retenus pour la charpente et le bardage en ciporex d’un futur immeuble sur la commune de Lanteuil. Un projet pilote en matière d’économie d’énergie qui devrait abriter une maison de services et des logements locatifs.
La force de l’entreprise, c’est de savoir s’adapter : "on vient par exemple de réaliser une cuisine ronde", lâche Michel Villier.
Mais, aujourd’hui, EMC2 est face à la question de la taille de l’entreprise : "il faudrait augmenter le nombre de salariés et donc les prix. Ce qui signifie un accès plus difficile aux marchés" analyse le chef d’entreprise. Libéré de ses obligations bancaires d’ici 2 ans et demi, Michel Villier espère à son tour transmettre son entreprise à un jeune ou pourquoi pas à un salarié. Rendez-vous dans 2 ans, Monsieur Villier…

Vendredi 13 Janvier 2006
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