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Famille Palus, cordiers à St Pantaléon de Larche



Depuis 3 générations, la famille Palus fabrique des cordes en toute discrétion dans le pays de Brive. Les 5 petits-enfants, toujours à la tête de l’entreprise, ont su exploiter le savoir-faire familial, développer la gamme de produits et confirmer l’image de qualité. Désormais, à l’âge de la retraite, ils souhaitent transmettre l’entreprise.



Famille Palus, cordiers  à St Pantaléon de Larche
« Ah bon, ça se fabrique ? » La question ne surprend plus la famille Palus. Les gens n’imaginent pas que les cordages qu’ils utilisent au quotidien sont fabriqués à partir de fibres, souvent de manière artisanale, et parfois dans la région. Le métier du cordier, parfois dit cordelier, existerait pourtant depuis l'antiquité.

Fondée en 1908 par Alphonse, le grand-père, l’entreprise Palus a été reprise par ses fils Maurice et Raoul dans les années 30. A 14 ans, les deux frères rejoignent l’entreprise avant de s’associer et de la développer. Sous le nom des « Textiles du centre », elle est alors basée près de la patinoire, dans le centre-ville de Brive. Les bons services d’un âne sont à ce moment là requis pour tirer les cordes de la famille qui finit par se tailler une excellente réputation dans la région, particulièrement pour les travaux agricoles.

Famille Palus, cordiers  à St Pantaléon de Larche
Petit à petit, cinq des petits-enfants ont rejoint, presque « sans s’en rendre compte », l’entreprise dans les années 70 en tant que salariés. « On est nés dedans » expliquent-ils. « On connaissait le travail sans savoir comment ». Les locaux sont alors déménagés sur la commune de St-Pantaléon de Larche où flottent encore, dans un hangar de 180 m de long, sous 8000 m2 couverts, l’atmosphère, la lumière et l’odeur de près de 70 ans de labeur.

Aujourd’hui, la famille Palus fabrique toujours des cordes et autres ficelles à partir de fibres naturelles : le chanvre, (matière la plus noble), le coton ou encore le sisal, une fibre très résistante extraite d’une plante que l’on trouve à l’est du Mexique. Des fibres synthétiques comme le polypropylène ou le polyamide sont également utilisées et parfois combinées selon les caractéristiques souhaitées (résistance à la rupture, altérabilité…). Les Palus fabriquent ainsi des cordages traditionnels mais aussi, et c’est plus surprenant, des cordes à pendules, des cordes à noeuds pour les gymnases ou les cirques, des cordes à palombes, des longes, des chablots, des tours de piscine, des cordes-rampes, des lassos, des ficelles à vigne ou à greffer, des agrès de trapèzes, de balançoires et anneaux, des ficelles agricoles, des sandows pour tendeurs de bâches, des ficelles à guinder les matelas ou les sièges… A bien y regarder, les cordes sont partout autour de nous.

Leurs clients sont artisans, agriculteurs, industriels, gros-sistes ou simples particuliers… basés dans la région et dans le quart sud-ouest pour l’essentiel. Mais, si la concurrence existe bel et bien en France et à l’étranger, l’entreprise Palus se distingue certainement par une qualité de fabrication reconnue de tous, particulièrement sur les cordes de chanvre. « C’est la marque de fabrique de la maison », explique Annie, la gérante. Les cordes, qui se déclinent du blanc au vert, en passant par le bleu, le rouge ou le beige, ont un diamètre de 3 à 32 mm. Un point qui oblige le fabriquant à stocker énormément de produits afin de répondre rapidement aux commandes des revendeurs qui, eux, travaillent en flux tendu.

Le travail de cordier reste, au delà de la mécanisation rendue possible grâce à deux machines Roblon, manuel et très physique. « On trimbale du poids et on marche beaucoup », expliquent les 3 soeurs qui travaillent encore dans l’entreprise aux côtés de 6 autres salariés. Il faut savoir que les rouleaux de cordes mesurent en général 100 m et pèsent jusqu’à 82 kg. A partir de fibres que l’on tord ensemble,  dites « fils de caret », on obtient un « toron ».
Celui-ci est encollé à l’aide d’une pâte à base de peau de lapin avant d’être lissée. Intervient alors l’étape du câblage qui permet de réaliser la corde à partir de 3, 4 ou 6 torons. Celle-ci peut-être lissée ou non et le coup de main est ici très important. Seuls l’expérience et le toucher permettent de réaliser une « belle corde », une corde sans varice, bien lisse, bien câblée et bien roulée.

L’âge de la retraite a pourtant sonné et la famille Palus est bien décidée à transmettre son affaire. « A quelqu’un  de motivé avec une bonne notion du commerce » expliquent les soeurs qui sont prêtes à accompagner et former le repreneur. Des possibilités de développement existent encore. Certains marchés pourraient être mieux exploités comme la vente aux professionnels animaliers ou aux particuliers… A ce titre, la famille Palus possède un magasin, rue Paul Bert à Brive, où elle fournit déjà les artisans de la tapisserie, de l’ameublement…
Famille Palus, cordiers  à St Pantaléon de Larche

Jeudi 19 Juillet 2012
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