Artisanat, Trait d'Union, le magazine de l'ARTISANAT en CORREZE
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Artisanat en Corrèze : Trait d'Union, le magazine de l'ARTISANAT en CORREZE

Economie

F. Hollande : “L’artisanat est une force considérable"



Depuis quelques mois, François Hollande, Député, est le Président du Conseil général de la Corrèze. A ce titre, il a accepté de nous donner son point de vue sur l’artisanat et de répondre sans détours à nos questions sur la politique à venir en faveur des petites entreprises.



F. Hollande : “L’artisanat est une force considérable"
L'artisanat représente 20 % de la population active du département et s'affirme comme étant essentiel dans le maillage des territoires. Quels vont être les grands axes de la politique que va mener le Conseil général ?

J’ai conscience que l’artisanat est une force considérable pour la Corrèze. Il ne s’agit pas de nier l’importance des grandes entreprises que nous devons attirer sur les zones qui sont dédiées à leur installation. Il ne s’agit pas non plus de sous-estimer l’impact de l’agriculture qui, malgré ses difficultés, reste le poumon de notre département. Mais, le tissu artisanal présente trois atouts : il est créateur d’emplois, il occupe le territoire et il répond à des besoins pour la population. C’est le secteur le plus prometteur en termes de développement ; à plusieurs conditions. La première, c’est qu’il faut aider l’investissement et c’est pourquoi le Conseil général avec le Conseil régional s’engagera pour tout ce qui est nouvelles technologies, innovation. La seconde condition, c’est qu’il faut un renouvellement, un rajeunissement et donc des reprises d’entreprises. Il existe un dispositif qui avait été mis en place par nos prédécesseurs que nous allons non seulement poursuivre mais amplifier. La troisième condition, c’est qu’il faut maintenir l’artisanat en milieu rural. Là aussi, le Conseil général modulera ses aides pour que l’artisanat présent dans les zones moins peuplées soit davantage soutenu.

Dans les 8 à 10 ans à venir, 40% des artisans vont faire valoir leur droit à la retraite. Quelles actions le Conseil général entend-il proposer pour assurer le renouvellement des générations ?

C’est un enjeu que la Chambre de métiers a considéré comme essentiel depuis plusieurs années. Si nous n’assurons pas dans de bonnes conditions la transmission, nous mettons en cause le droit à la retraite de beaucoup d’artisans qui n’ont comme futur revenu que leur capital d’aujourd’hui, que le fruit de leur travail. La reprise est aussi un élément essentiel si l’on veut conserver la dynamique du secteur artisanal et cette présence sur le territoire. Il ne peut y avoir d’artisans, demain, que s’il y a des apprentis aujourd’hui. Donc, il faut valoriser les métiers de l’artisanat et assurer la formation à travers les CFA. Une compétence qui ne relève pas du Conseil général mais du Conseil régional. Il faut mobiliser le secteur bancaire parce que l’installation a un prix : à la fois celui de la reprise et de l’investissement qui doit suivre. Le Conseil général est donc prêt avec la Chambre de métiers à faire une table ronde avec l’ensemble du secteur bancaire pour favoriser l’accès au crédit des repreneurs. Enfin, il y a l’aide directe que nous devons apporter à toute opération de transmission quand elle se situe en milieu rural.

Comment voyez-vous le rôle de la Chambre de métiers et de l'artisanat en accompagnement des actions qui seront proposées ?

La Chambre de métiers est un irremplaçable outil d’accompagnement, de conseil, de suivi et d’information. Elle a la confiance des artisans puisqu’elle émane d’eux. Toutes les informations qu’elle fournit sont considérées comme crédibles par les entrepreneurs et l’erreur serait de vouloir se substituer à la Chambre de métiers pour les missions qu’elle exécute. Pour le Conseil général, elle est un partenaire qui doit être l’intermédiaire entre les pouvoirs publics et les artisans. Ensuite, la Chambre de métiers assure, avec le Conseil régional et par les CFA, la formation des futurs entrepreneurs et des salariés du secteur artisanal. L’apprentissage est une filière qui doit déboucher sur des emplois bien rémunérés. Elle permet à des jeunes de tous milieux de suivre des études plus longues qu’on ne le dit souvent, et parfois jusqu’à l’université. L’apprentissage est un moyen de trouver rapidement un emploi avec une responsabilité pour les chefs d’entreprises qui est de rémunérer correctement la qualité de la formation et du métier exercé. Enfin, la Chambre de métiers peut, avec le Conseil général, sensibiliser les collectivités locales qui donnent des marchés à la nécessité de bien prendre en compte la réalité des Pme, notamment de notre département. On ne peut pas vouloir avoir des artisans présents sur notre territoire et ne pas les faire travailler, même si il y a des règles de concurrence qui s’imposent à tous.

Lundi 24 Novembre 2008
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