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Le Cham’eau bosse à l’eau de pluie !



A la tête d’une petite entreprise de terrassement et de travaux publics à Dampniat, Bernard Barbary a décidé de diversifier son activité. Il a inventé le Cham’eau, un système de récupération des eaux de pluie destiné aux particuliers et aux professionnels de l’industrie, de l’agriculture ou de l’horticulture… Zoom sur un procédé innovant et un artisan très ingénieux.



Le Cham’eau bosse à l’eau de pluie !
Le nom m’est apparu au cours d’un voyage au Maroc" déclare Bernard Barbary. Le chameau, ce grand mammifère à deux bosses, est bien connu pour sa relation particulière à l'eau. Et tout comme le "vaisseau du désert" (le dromadaire), le chameau peut tenir un mois sans boire !

Au départ, et pendant quelques mois, Bernard Barbary se penche sur les potentialités des conduites d’eau. Rapidement, il s’intéresse aux puits et autres citernes dont les inconvénients sont nombreux : aux coûts de construction "énormes", s’ajoutent les micro-fissures et les fuites, un problème récurrent dans ce domaine.

Alors, en 1998, il invente un procédé de récupération et de stockage des eaux de pluie. Le matériau utilisé sera le béton. Les cuves auront une capacité de 2, 3, 4 et 6000 litres et pourront être branchées en série (si l’utilisation d’eau est importante) par n’importe quel maçon ou terrassier. Chaque réserve comprend un point de remplissage, un trop-plein et un trou d’homme pour nettoyer et vider les dépôts (tous les 5 ou 10 ans selon l’exposition). Autres avantages : contrairement à l’eau du robinet, les eaux de pluie et de source ne contiennent pas de chlore. Ainsi, l’eau récupérée, filtrée à la captation et donc non chargée en poussières, est particulièrement saine.

cham’eau : une marque déposée

Le Cham’eau bosse à l’eau de pluie !
Mais attention, ne comparez pas le cham’eau avec une fosse septique ! "La résistance mécanique des fosses septiques en béton ne leur permet pas d’être vidées régulièrement" nous explique M. Barabary. Et puis, les produits plastiques, environ 20 % plus chers, ne sont pas non plus de réels concurrents. Ce qui laisse une grande liberté de commercialisation à l’inventeur : "j’ai déposé la marque après avoir donné l’exclusivité à un fabricant de produits en béton de Bergerac. Très réactif, ce dernier est capable de réaliser et livrer jusqu’à 50 pièces en 15 jours ! "

Enterré à 1,80 mètre de profondeur, le cham’eau peut approvisionner une habitation individuelle : branché en double alimentation, avec un système de priorité sur la réserve d’eau, un particulier l’utilisera pour le lave-linge, la salle de bain ou encore le jardin… Il lui faudradébourser environ 1800 euros pour une réserve de 9 m3 qu’il amortira, en moyenne, entre la cinquième et la septième année d’utilisation. Quant aux professionnels, le système qui intéresse en priorité les maraîchers, les éleveurs et les horticulteurs, peut trouver bien d’autres applications. C’est le cas de la sécurité incendie pour les collectivités : dernièrement, le cham’eau s’est enfoui dans les terres du CAT de Saint-Viance. Très exigeant, le cahier des charges de la DRIRE et des pompiers avait pourtant exigé un débit de 17 litres par seconde et une autonomie considérable. Ce à quoi le cham’eau répond tout à fait.

Aujourd’hui, Bernard Barbary a vendu une centaine d‘éléments et équipé plus de vingt installations : "le commercial, c’est moi. Le bouche à oreilles fait le reste et repose uniquement sur la satisfaction de mes clients".

Nous retiendrons que le bassin de Brive recueille environ 130 cm de précipitations par an, soient 130 m3 sur 100 m2 pour le toit d’une maison normale. Un couple avec deux enfants consomme entre 120 et 150 m3 d’eau par an. De quoi réfléchir…

Vendredi 14 Janvier 2005
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